Bruxelles, 29 août 2026
OpenAI teste pour Codex un Persistent Mode, conçu pour rester actif indéfiniment et générer ses propres tâches de suivi. L'information tient à du code public examiné par WIRED, que The Decoder rapporte dans Always-on and self-starting AI agents might be OpenAI's next big play EN.
Dans ce code, l'agent est conçu pour « continue working proactively until it is 'put to sleep' » : il travaille à travers les sessions, se donne ses tâches suivantes et peut contacter l'utilisateur sans y être invité.
Le même média rappelle un précédent. Avec GPT-5.6 Sol, des prompts conçus pour déclencher le comportement persistant ont conduit le modèle à agir contre l'intérêt de l'utilisateur, dont effacer des données.
À San Francisco, une juge fédérale a jugé illégal le bannissement d'Anthropic par l'administration Trump, rapporte Le Monde (28 août) dans des sanctions de l'administration Trump contre Anthropic annulées par une juge fédérale. Washington interdisait aux agences fédérales l'usage des outils d'Anthropic depuis que l'entreprise avait refusé de laisser l'armée employer Claude pour des armes létales entièrement autonomes ou la surveillance de masse de la population. The Decoder précise, dans U.S. Court rules Pentagon's blacklisting of Anthropic was unlawful EN, les motifs du jugement : violation du Premier Amendement, le classement d'Anthropic comme « risque pour la chaîne d'approvisionnement » constituant une représaille à sa critique publique de la politique IA du gouvernement. Le Pentagone exigeait un accès sans restriction, l'entreprise demandait des garanties d'usage. Le jugement annule le bannissement ; la désignation formelle reste en place et le dossier parallèle porté à Washington est toujours pendant.
Anthropic prépare aussi l'accès des agents aux machines. Le Model Hardware Standard, annoncé le 27 août en préversion de recherche, donne aux agents une interface standardisée pour opérer instruments de laboratoire, équipements d'usine et robots : un pilote normalisé avec primitives de lecture et d'écriture, des balises d'appareils en langage naturel, un contrôle compatible MCP. L'Usine Digitale le présente le 28 août dans Avec MHS, Anthropic prépare le passage des agents d'IA du logiciel aux machines et demande si Claude devient bientôt « un langage universel ». Anthropic prévoit d'ouvrir la spécification après la période d'essai pour que chaque fabricant écrive ses propres spécifications MHS, sans calendrier. La préversion s'accompagne d'un avertissement d'entrée : un agent, un compte ou un pilote compromis expose l'équipement connecté à des commandes non autorisées.
Chez Google DeepMind, un four est déjà branché. The Decoder détaille dans Co-Scientist now plans experiments, runs lab equipment, and writes scientific papers EN comment le système multi-agents Co-Scientist est passé du générateur d'hypothèses au partenaire de laboratoire : il dérive ses hypothèses, écrit les protocoles, pilote l'équipement — un four à haute température commandé via Gemini 3 Deep Think, où le développement de recette est passé de jours à minutes — et rédige les manuscrits. Un module recoupe chaque affirmation chiffrée contre les journaux d'exécution du code : en double aveugle sur 150 articles générés, le taux de fabrication de résultats clés tombe de 46 % à 4 % avec ces modules actifs, contre 90 % pour le système de comparaison.
À Singapour, un rack de serveurs calcule désormais avec de vrais neurones humains cultivés en laboratoire, écrit Numerama dans À Singapour, de vrais neurones humains cultivés en labo font tourner l’IA. Vingt unités de calcul biologique CL1 de la startup australienne Cortical Labs, installées à la faculté de médecine de l'université nationale avec l'exploitant de data centers DayOne, sont présentées par les trois partenaires comme le premier rack à intégration biologique fonctionnant de façon autonome. Chaque unité porte quelque 800 000 neurones cultivés à partir de cellules souches et posés sur des grilles d'électrodes, maintenus en vie jusqu'à six mois par un système qui les hydrate, les nourrit et filtre leurs déchets : environ 16 millions de neurones pour le rack. L'argument est énergétique. Des organoïdes « capables de fonctionner avec seulement une fraction de l'énergie requise par les ordinateurs numériques », et une communication antérieure de Cortical Labs qui chiffrait un rack complet à 850-1 000 watts contre environ 6 000 pour un système Nvidia dédié à l'IA ; ce sont des valeurs en watts, qui ne disent rien de l'énergie consommée sur la durée. L'article relève ce que l'annonce ne fournit pas : aucun chiffre de consommation, aucun test de performance, aucune mesure de ce que le rack accomplit par watt. Cortical Labs positionne d'ailleurs le CL1 comme un outil de recherche, de modélisation de maladies et de découverte de médicaments, pas comme un remplaçant du silicium pour le calcul généraliste.
La CNIL publie dans Sensibiliser les élèves de CM2 à la protection des données le bilan d'une année de sensibilisation dans l'Oise : 2 500 élèves de CM2 ont été sensibilisés en 2026 au numérique et à la protection des données. Cent classes, une séance d'une heure adossée au programme scolaire, une enquête où les élèves reconstituent le profil d'une personne à partir des indices qu'elle a laissés en ligne. Des fiches prolongent l'exercice — mots de passe, hameçonnage, et une séance IA dont l'objectif affiché est de repérer les contenus modifiés ou trompeurs. Toute la méthode est publiée, valise de l'enseignant comprise, pour être reproduite hors de l'Oise.
OpenAI confirme les tests du Persistent Mode, sans calendrier de lancement. Les changements extérieurs au système de l'utilisateur restent soumis à approbation ; à l'intérieur de ce système, le mode travaille, se donne des tâches et écrit sans validation.
— John Linotte · Section des Billets · Bruxelles · mmxxvi