Bruxelles, 21 octobre 2026
Le décor était une ancienne centrale électrique berlinoise. C'est là que le chancelier Friedrich Merz a accueilli le sommet Invest in Germany, et parmi deux cents investisseurs l'invité vedette s'appelait Jensen Huang, le PDG de Nvidia. Le sommet a servi de décor à une déclaration d'intention signée lundi 19 octobre entre Berlin et le groupe américain des puces pour l'IA industrielle, rapporte Le Monde dans Au sommet Invest in Germany, Berlin annonce un partenariat avec Nvidia pour développer l'IA industrielle.
Ce que l'Allemagne apporte, c'est son immense patrimoine de données de production et d'ingénierie. Nvidia doit l'aider à l'exploiter pour entraîner des modèles capables d'aider robots et véhicules autonomes à interagir avec leur environnement. Le texte prévoit des « modèles d'intelligence artificielle spécialisés et ouverts pour l'industrie », bâtis à partir de Nemotron et Cosmos, deux modèles existants du groupe. Berlin mise sur ce partenariat pour peser dans l'IA physique, considérée comme l'une des prochaines frontières de cette technologie après l'essor des grands modèles de langage.
Nvidia n'avance pas seule sur ce terrain allemand. Le 20 octobre, L'Usine Digitale titre que Siemens et Nvidia accélèrent dans la course aux usines autonomes pilotées par l'intelligence artificielle. Même partenaire, même terrain industriel : après le gouvernement allemand, c'est Siemens que l'on retrouve aux côtés du groupe américain.
Le 20 octobre, c'est aussi la date qu'Amazon Web Services annonce pour la disponibilité de TorchNeuron, un projet libre qui promet de « simplifier » l'entraînement des modèles sur ses puces Trainium. Selon Next, dans Avec TorchNeuron, Amazon veut faciliter l'entraînement des modèles sur ses puces Trainium, le projet est conçu comme une alternative à CUDA, sans que Nvidia soit nommée. Dans le cas le plus simple, les développeurs pourraient remplacer dans leur code le périphérique cible cuda par neuron. Deepgram, cité en exemple, aurait obtenu 70 % d'audio en plus pour chaque dollar dépensé, au prix de plusieurs mois d'adaptation. Le code, sous licence Apache 2.0, est dans un dépôt GitHub ouvert le 17 octobre ; il prend en charge les puces Trainium 2 et 3.
La veille, le 19 octobre, Microsoft présentait l'extension de son Projet Perception, chargé de simuler, détecter et corriger les attaques d'agents IA autonomes, rapporte L'Usine Digitale dans Microsoft dévoile le Projet Perception pour automatiser la simulation, détection et remédiation des attaques d'agents IA autonomes… à l'aide d'agents IA. Selon Next, dans Microsoft considère les agents IA comme des « initiés » indignes de confiance, l'entreprise remet ainsi en avant un projet qu'elle utilise déjà en interne. Elle traite ces agents comme des « initiés » indignes de confiance, et elle confie leur surveillance à d'autres agents, baptisés « Gardiens ».
Ces agents que Microsoft veut tenir à l'œil, l'Army Cyber Command veut en faire des armes. Selon des documents internes obtenus par The Intercept et repris par The Decoder dans Army Cyber Command's ECHOTRIBBLE would turn AI agents into self-spreading cyberweapons EN, le programme ECHOTRIBBLE développe des agents conçus pour passer d'un réseau à l'autre comme un ver et « neutraliser » des cibles, jusque dans des systèmes isolés de tout réseau. The Intercept rapporte que le programme n'en est qu'à ses débuts.
Chez OpenAI, c'est le code ancien que les modèles apprennent à écrire. GPT-6 Astra atteint 87,4 % de tests réussis sur vingt langages du benchmark MultiLangBench, contre environ 38 % pour GPT-5.6 Terra, selon The Decoder dans OpenAI says GPT-6 is much better with legacy programming languages such as COBOL and Fortran EN. Les progrès touchent des langages peu présents dans les données d'entraînement, comme COBOL, Fortran et Visual Basic. Pour IT SOCIAL, dans Patrimoine applicatif, l'IA fait chuter le coût de compréhension du COBOL, le coût de compréhension du COBOL chute, et le travail des DSI se déplace vers la preuve que le nouveau code se comporte comme l'ancien. Le chiffre vient d'OpenAI, sur un banc d'essai nouveau, et il attend une confirmation extérieure.
Ce que l'Allemagne a signé lundi reste une déclaration d'intention. Les « modèles d'intelligence artificielle spécialisés et ouverts pour l'industrie » que prévoit le texte sont encore à développer, à partir de Nemotron et de Cosmos.
— John Linotte · Section des Billets · Bruxelles · mmxxvi