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Google perd dix pour cent en Bourse le jour où l'IA s'installe dans l'atelier des développeurs

Bruxelles, vingt-neuf octobre deux mille vingt-six

Mercredi 28 octobre, l'action de Google a chuté d'environ 10 % dans les échanges après clôture. Le chiffre d'affaires de sa division services, constituée à 85 % de revenus publicitaires, a atteint 96,3 milliards de dollars (88,2 milliards d'euros) au troisième trimestre 2026, sous les 98,5 milliards attendus par le marché, selon Le Monde. Les revenus publicitaires liés aux recherches n'ont progressé que de 12 % sur un an, après une croissance de 17 % au deuxième trimestre puis de 19 % au premier.

Ce même 28 octobre, Google DeepMind publiait Gemini 4 Carbon EN. Le modèle prend la tête de l'Intelligence Index v5 d'Artificial Analysis avec 59 points (Argon : 50) et est présenté par Google comme conçu pour des sessions de développement autonomes de plusieurs jours. Artificial Analysis mesure aussi un taux d'hallucination qui passe de 4 % à 11 % entre Argon et Carbon.

L'IA rattrape Google dans ses comptes le jour même où le groupe ouvre son atelier aux agents de ses concurrents et bride son modèle le plus avancé. À l'Android Dev Summit, Google a annoncé qu'Android Studio accueille plus de quarante agents tiers via le protocole ouvert Agent Client Protocol, dont Claude d'Anthropic et Codex d'OpenAI, ainsi qu'Antigravity de Google. Ces agents accèdent à la structure du projet et à l'émulateur, comme aux journaux. Un outil de vérification, Change Review, analyse les modifications en attente. Google avance que les tâches d'interface se terminent 77 % plus vite, avec jusqu'à trois fois moins de tokens.

Ce mouvement n'est pas le seul. Apple a fait le même jour un pas comparable sur ses propres outils. Le constructeur annonce que Xcode 27.2 adopte un format de projet .xcproj en JSON, « plus simple à modifier pour les agents IA » selon Apple. Keynote devrait bientôt adopter le .keyx. Apple le présente comme « lisible et accessible aux outils externes, aux workflows de développeurs et aux agents d'IA ». Next rapporte ces changements et rappelle que les développeurs réclamaient un format lisible depuis des années. Le média cite le développeur Rob Napier : « C'est frustrant qu'il ait fallu l'argument « ça peut aider l'IA » pour que les choses bougent. »

Même objet, deux stratégies. Alors que Google ouvre son atelier aux agents de ses rivaux par un protocole ouvert, OpenAI veut que les autres construisent dans le sien. Au DevDay Exchange de Berlin le 28 octobre, l'entreprise a annoncé que son assistant Dots serait disponible en Europe « dans quelques semaines » après discussions avec les régulateurs ; les comptes Pro de l'Espace économique européen, de la Suisse et du Royaume-Uni en sont encore exclus. Elle a aussi dit que les utilisateurs hebdomadaires de Codex en Allemagne ont été multipliés par vingt depuis janvier, sans donner de chiffre absolu. The Decoder EN, présent à l'événement, relève surtout l'Agents API : OpenAI héberge lui-même l'infrastructure des agents et propose aux développeurs d'accéder à 1,2 milliard d'utilisateurs hebdomadaires de ChatGPT. Le runtime Codex Harness reste open source. The Decoder qualifie cette approche de stratégie d'app store, où le fournisseur tient l'infrastructure et la distribution.

Anthropic, troisième laboratoire en lice, a dévoilé le 27 octobre le rachat de Mithril Medicine, biotech d'un seul salarié. Numerama rapporte que son fondateur, Cody Tranbarger, a confié à Claude la logistique de onze laboratoires extérieurs et qu'en moins de dix-huit mois un traitement contre une dystrophie musculaire est passé de l'idée à des résultats chez la souris. Le rapport de trente-huit pages détaille une semaine où l'IA a rédigé dix-sept e-mails techniques, dont douze sont partis après relecture humaine ; elle n'en a envoyé aucun seule. Numerama relève aussi les limites : huit consultants rémunérés ont épaulé le fondateur, le rapport n'est pas relu par des pairs, et le résultat repose sur sept souris traitées contre quatre témoins, non tirées au sort. L'étude elle-même a été rédigée par Claude et signée par un salarié d'Anthropic.

C'est le même Anthropic qui, dans le même temps, se trouve au centre d'une affaire de sécurité contradictoire. The Decoder EN rapporte que Cathedral affirme avoir infiltré les systèmes internes en moins de douze heures, atteignant des données salariales et des messages Slack par des logiciels tiers. Anthropic confirme un accès limité mais dit que la tentative a duré plusieurs jours, que Cathedral n'a signalé qu'une des deux failles trouvées, et l'accuse d'avoir enfreint les règles de son programme de bug bounty. L'ex-salarié d'OpenAI Will Depue affirme sur X, sources à l'appui, que Cathedral disposait d'un accès administrateur complet à Slack ; le red teamer d'Anthropic Logan Graham répond que ses sources se trompent. Alex Stamos, de Cognition, a jugé les découvertes significatives auprès du Washington Post.

Next nomme Anthropic et OpenAI parmi les laboratoires qui annoncent des « découvertes » scientifiques par billet de blog, mais ce qui accompagne l'annonce diffère. Le rapport de trente-huit pages d'Anthropic n'est pas relu par des pairs. Numerama relève que le résultat principal repose sur sept souris traitées contre quatre témoins non tirées au sort, et que le texte a été rédigé par Claude puis signé par un salarié d'Anthropic. OpenAI, pour sa part, annonce « trois nouvelles découvertes en mathématiques, en informatique et en physique ». Aucune n'a été relue par des chercheurs. L'entreprise cite des experts externes qu'elle nomme « guides » sans les identifier ; trois chercheurs en informatique — Russell Impagliazzo, Ramamohan Paturi et Ryan Williams — accompagnent la vérification et écrivent que leur implication ne doit pas valoir validation. Ses documents de physique ne sont pas publics. Le mathématicien Levent Alpöge, salarié d'Anthropic, accuse OpenAI sur X d'avoir pris de vitesse le chercheur Ethan Sussman sans le contacter.

OpenAI a resserré ses règles à six jours des élections américaines de mi-mandat (3 novembre) : ChatGPT ne génère plus d'images photoréalistes dépeignant « une ingérence électorale ou susceptibles de décourager le vote » ; elles sortent en dessin stylisé, l'entreprise voulant « réduire le risque qu'une scène imaginaire soit prise pour une preuve documentaire » (mesures datées du 27 mai, mises à jour le 20 octobre). Next a testé la restriction : un cordon de CRS devant un bureau de vote reste un dessin, mais une urne bourrée par un assesseur devient photoréaliste quand on insiste. Next rappelle aussi l'image bidonnée, générée par IA, d'un couple d'octogénaires « dépouillés » au soir de la manifestation du 17 octobre à Paris, largement partagée. Google, pour sa part, a réservé Carbon à des experts en sécurité sélectionnés et l'a soumis au programme volontaire de pré-test du gouvernement américain en raison de ses capacités en cybersécurité — 88,2 % sur SEC-bench Pro, tests menés sans garde-fous. Aucune mesure extérieure de cette restriction n'existe dans la matière.

Dans le même journal, Le Monde rapporte que le jury du prix Renaudot a annoncé ses six finalistes le 28 octobre en écartant « C'était ça ou mourir » de Thélyson Orélien. Le livre, qui avait déjà été retiré du Goncourt et de la deuxième sélection du Femina, tenait encore la deuxième sélection du Renaudot début octobre. Le secrétaire général du prix, Georges-Olivier Châteaureynaud, a dit à l'AFP qu'il ne lui était « pas possible de conserver le livre d'Orelien à partir du moment où son éditeur canadien avait décidé de couper tout lien avec lui ». Il a ajouté : « Le doute est désormais exclu. » Lauréats le 3 novembre. Dans la même édition, le quotidien annonçait le retour à l'Assemblée nationale, [NEED : date exacte selon Le Monde], de la proposition de loi Darcos sur la présomption d'utilisation des contenus culturels par les fournisseurs d'IA. Le texte inverse la charge de la preuve : l'œuvre est présumée avoir servi à l'entraînement, à charge pour le fournisseur de prouver le contraire. En juin, le groupe Ensemble pour la République avait enterré l'examen en déposant une centaine d'amendements ; Le Monde dit ce groupe « soupçonné de protéger les intérêts de Mistral AI ».

Le jury a écarté le livre parce que l'éditeur canadien en avait coupé tout lien avec l'auteur, et que le doute était désormais exclu ; de l'autre, le législateur présume l'usage par l'IA parce que les créateurs ne peuvent pas le prouver.

— John Linotte · Section des Billets · Bruxelles · mmxxvi

Articles cités dans le billet (9 articles · 4 sources)

Ce billet a été rédigé avec l'assistance d'un système d'intelligence artificielle. Les sources citées sont vérifiables ; la voix éditoriale relève du Département des Harnais.

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